Le Torcol fourmilier, un pic migrateur

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Le torcol fourmillier est un oiseau brun, au ventre beige clair, au bec court.

Il est à peine plus grand que le moineau domestique et fait partie de la famille des pics, malgré le fait qu’il ne fore pas lui-même sa cavité et qu’il n’utilise pas sa queue pour grimper. C’est le seul pic migrateur. Il arrive chez nous dès la mi-mars et repart en septembre pour les savanes africaines. Vous l’avez peut-être reconnu ! C’est le Torcol fourmilier.

Il doit son nom à sa curieuse manière de tordre son cou et de tourner la tête dans tous les sens lorsqu’il se sent menacé. Il a un plumage gris-brun-beige qui ressemble à un bout d’écorce. Son plumage cryptique le rend difficile à apercevoir que ce soit dans un arbre ou lorsqu’il est au sol à la recherche de sa nourriture. Et c’est toujours un plaisir d’entendre dès le mois d’avril, son chant lancinant. Chez le torcol, les deux sexes chantent, le mâle ayant un ton plus aigu et plus rapide que celui de la femelle qui lui répond sur un ton plus grave et plus lent.

Ce petit pic a enregistré un fort déclin dans les années septante et on ne le trouve aujourd’hui que rarement sur le Plateau. Son recul est dû à la disparition des vastes paysages de vieux vergers à haute-tige exploités de manière traditionnelle et de l’exploitation intensive des surfaces enherbées qui limite l’accessibilité aux fourmis. Car le torcol a besoin de cavités pour nicher et de fourmis terrestres en quantité suffisante qu’il chasse dans ou à proximité des fourmilières. La Station ornithologique estime l’effectif nicheur actuel en Suisse de 1000 à 2500 couples (Atlas des oiseaux nicheurs
de Suisse 2013-2016).

En collaboration avec la Station Ornithologique et SORBUS, le GOBE, sous l’impulsion de Jacques Roch, a mis en place un projet de conservation de l’espèce dans le Nord vaudois. Depuis 2005, des nichoirs ont été placés dans les vignobles ou leurs abords immédiats entre les communes de Fiez et Concise. Ces vignobles offrent une végétation rase et peu dense voire même des surfaces de terres nues. Le torcol qui se nourrit au sol en sautillant a justement besoin de surfaces clairsemées et il s’est vite habité à ce type d’habitat.

Les nichoirs sont contrôlés plusieurs fois entre la mi-mai et la fin juillet. Comme le Torcol fourmilier est une espèce sensible au dérangement, tout spécialement lors de son installation et pendant la première semaine de vie des oisillons, le contrôle se fait avec beaucoup de précautions.

L’observation aux nids

Dès 2020, pour déterminer la provenance de quelques adultes de notre secteur, nous avons demandé l’aide de Jean-Lou Zimmermann, photographe accrédité à faire ce genre de photos dans un but scientifique. C’est une méthode qui demande beaucoup de patience et de bien connaître l’avancement de la nichée. Le photographe doit effectuer plusieurs heures d’affût et les photographies sont prises lors de chaque nourrissage. C’est l’analyse des clichés qui permet ensuite de reconstituer le numéro de la bague.

Ainsi en 2021, nous avons appris que deux adultes viennent de notre secteur et qu’ils se sont installés à 1 km et 5 km de leur lieu de naissance, un adulte vient d’Auvernier à une distance de 25 km de son lieu de naissance et nous avons eu la surprise de découvrir un torcol mâle bagué à Riddes VS en juin 2018.

Depuis 2017, la population de torcols du Nord vaudois s’est stabilisée. Nous comptons en moyenne 19 nichées par année pour un total de 50 nichoirs.

Graphique qui montre une augmentation de nichées tentées
Extrait du rapport 2024 du GOBE

 

Cela montre qu’une mesure de conservation toute simple comme la pose de nichoirs dans un milieu favorable augmente les chances de survie et permet la recolonisation de ce milieu par une espèce menacée.

Maryjane Klein, membre du GOBE